Première rencontre avec Alexandre Messager

23 Juin

Vendredi 24 mars 2017, Médiathèque de Landerneau, les élèves de la classe ULIS du Collège Saint-Sébastien de Landerneau font la rencontre d’Alexandre Messager, et Alexandre  découvre Romane, Cédric, Even, Valentin, Florian, Thomas, Guillaume et Allan (avec deux ailes comme il nous le précise malicieusement).

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Rattrapage !!!

23 Juin

Nous sommes le 23 juin 2017, la restitution des ateliers d’écriture  a eu lieu le 14 juin à la MJC de Kerfeunteun (à Quimper) et vous y êtes venus nombreux ! Mais avant ce concentré d’émotions d’1h30 orchestré par la Compagnie Du Désordre, il y eu les ateliers !!!!

Un petit rattrapage s’impose donc …

Alors à venir pour vos vacances… encore des mots … les vôtres !

Quelques souvenirs … de Roger

22 Mai

Vendredi 17 février, Marie-Annick Beyou, la responsable de la Bibliothèque de Concarneau est venue avec quelques livres en liens avec les conversations des semaines précédentes.

Les consignes d’Erwan Bargain sont simple : feuilletez les livres et quand vous voyez une photos qui vous intéresse, laissez venir les souvenirs …

 

La Résistance

J’ai formé le premier groupe de résistants à Concarneau. Alors qu’on discutait, le docteur Nicolas, qui me soignait à l’époque, m’a demandé de former ce groupe Libération, en novembre 1942. J’ai alors contacté mes copains. Nous étions onze. J’étais le chef du groupe. J’avais des ordres et des informations qui venaient de partout et mon rôle était de les transmettre. Nous nous chargions aussi de former militairement les jeunes résistants et de récupérer des armes parachutées. J’avais 18 ans à l’époque. Puis, le 8 août 1945, j’ai été dénoncé et arrêté. Je suis resté quinze jours enfermé sans manger ni boire. Un jour, ils m’ont mis contre le mur. Je croyais que j’allais être fusillé. Mais un gradé voulait d’abord m’interroger. Je n’ai rien dit, rien. Durant mon emprisonnement, on a dit à ma mère que j’avais été tué. Ce qui évidemment n’était pas vrai.

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Première voiture

Ma première voiture était une 2CV grise. Je m’en servais pour aller travailler. Une fois, avec ma femme, nous sommes partis en vacances en Italie. Nous passions le Mont-Blanc et ça montait bien. Plus on montait à travers la montagne et plus on voyait de voitures obligées de s’arrêter car elles chauffaient trop. Mais nous, en 2CV, on continuait à grimper.

Roger

Éléphant, Pirate et sirène – Nouvelles collaboratives (2)

19 Mai

Le jeudi 23 mars, pour ce deuxième atelier à la Médiathèque de Fouesnant, Arnaud Le Gouëfflec nous propose de se lancer dans l’écriture d’une nouvelle collaborative.

Les ingrédients de départ sont donnés : la nuit, dans une ville, de la pluie, des rues sombres, un individu à chapeau et imperméable, un immeuble et une ambiance mystérieuse !!!! Une contrainte : pas d’ellipse …

Viendront ensuite (impérativement) au fil de l’écriture et des passages de feuilles  :

  • une vieille connaissance
  • le mot « éléphant »
  • le mot « pirate » + mettre le personnage dans une situation très compliquée
  • le mot « sirène »

C’était un dimanche, vers quatre heures du matin, une pluie fine tombait sur la ville. Les rues étaient désertes lorsqu’un bruit de talons se fit entendre sur les pavés. Une jeune femme, grande et élancée, s’approchait d’un pas rapide. On distinguait à peine son visage sous son large chapeau, mais ses cheveux trempés dégoulinaient sur son imperméable noir. Elle se dirigeait vers la porte d’un immeuble de 6 étages. Elle sonna, attendit quelques minutes avant d’entrer dans cet immeuble et pas seulement pour échapper à la pluie. La porte claqua derrière elle. La rue redevint silencieuse.

Elle entra dans cet immeuble, empli d’un fort sentiment de nostalgie : une porte s’ouvrit, et un visage apparut. Le regard était toujours le même, quelques petites rides avaient joliment habillé son visage. La jeune femme n’eut aucune difficulté à reconnaître son ancien ami, Marc, avec qui elle avait monté par le passé quelques affaires peu scrupuleuses, mais qui avaient scellé leur amitié, jusqu’à un certain événement.

Elle s’assit à l’invitation de son hôte et prit la serviette qu’il lui tendit. Pendant qu’elle s’essuyait les cheveux, il posa sur la table basse devant elle une carte postale du Sri Lanka avec dessus un éléphant. Il y a quelques jours, en trouvant un porte-clef à l’effigie de cet animal sur le pas de sa porte, elle avait compris le message. Le passé les rattrapait et il allait falloir s’associer à nouveau avec Marc…

Il était désormais évident que lui aussi avait été contacté. Les cheveux séchés, elle retourna la carte postale.

« A mes très chers pirates,

Il se trouve que la nostalgie a finalement eu raison de moi, et qu’allant sur mes vieux jours, je me retrouve à désirer une dernière aventure. C’est donc en m’excusant de vous rappeler un passé que, petits cachottiers que vous êtes, vous vous êtes efforcé de faire oublier.

Les instructions, si vous les acceptez (et vous les accepterez, j’ai pris la liberté de ressortir quelques souvenirs prêts à être envoyés aux autorités suivant l’évolution de la situation) consisteront à retourner au lieu indiqué sur cette carte postale, derrière un magnifique pachyderme. Les billets sont avec Marc.

A très bientôt,

Barbu »

Dès le lendemain, les deux anciens amis prirent le premier avion à destination du Sri Lanka. Une fois sur place, ils se rendirent sur une plage où nageaient deux belles sirènes.

La carte était signée Barbu : après cinq ans à changer d’adresse, de nom, d’école pour ses enfants, cette carte, pourtant légère avait sonné comme un parpaing. Il l’avait retrouvée et, pire, il exigeait d’elle qu’elle revienne. La roue avait tourné, mais elle ne s’avouait pas vaincue. En cette nuit pluvieuse et avec le même imperméable, elle quitta l’appartement, fuyant encore, tant qu’il le faudra.

Quelques souvenirs … de Marie-Claire

17 Mai

Vendredi 17 février, Marie-Annick Beyou, la responsable de la Bibliothèque de Concarneau est venue avec quelques livres en liens avec les conversations des semaines précédentes.

Les consignes d’Erwan Bargain sont simple : feuilletez les livres et quand vous voyez une photos qui vous intéresse, laissez venir les souvenirs …

 

Rue Malakoff

J’habitais Rue Malakoff, après nous avons emménagé avenue Pierre Gueguen, mes parents avaient leur commerce dans le quartier et nous habitions au-dessus.

A la chapelle de la Croix, il y avait des balançoires, j’y allais avec mon frère jumeau, on se balançait. Très souvent, avec mes parents, on allait se balader là le dimanche. On allait aussi du côté du Moros, avec les vaches… j’ai une peur bleue de ces animaux. Ça vient surement du fait que petite, je suis allée dans un champ cueillir des fleurs ou je ne sais quoi et une vache m’a couru après. Je devais avoir 4/5 ans. Je le voyais, ce gros mastodonte et le revois encore. Avec la peur, elle paraissait encore plus volumineuse !

La balançoire était sur le terreplein. Je me souviens de la chapelle et d’un bâtiment derrière, les bains publics, où on allait prendre des douches.

En face il y avait les usines de sardines, de thon et les conserveries. C’était vraiment quand j’étais gamine. En plein été, les paysans avec leurs « chars à banc »attelés aux chevaux (je m’en souviens car j’ai une peur bleue de ces animaux –les vaches comme les chevaux) venaient livrer les petits pois et les haricots verts aux conserveries. Les femmes les écossaient et les passaient à l’eau bouillante. C’était les femmes qui travaillaient, les hommes, eux, s’occupaient des machines.

A cette époque, on n’était pas aux 35h ! On travaillait pendant 3 mois ! Le thon, la sardine, les petits pois…Quand il y avait le débarquement de la sardine ou du thon, on appelait les femmes depuis la rue pour venir travailler. Il y a eu jusqu’à 21 ou 22 usines, peut-être même plus. 21, sûr. Rien que dans le coin entre la Croix et le quai Nul, on en comptait 7 ou 8. Je me souviens de Saupiquet, Rodel, Azema, Tartrais Il y en avait d’autres encore dans la rue qui remontait de la place Jean Jaurès à la place de la Croix mais je ne me souviens plus de leur nom. A la place du CAC, c’était l’usine Rodel qui était là et Saupiquet était en face du quai Nul. Par rapport à l’hiver, l’animation régnait, surtout quand les sardiniers déchargeaient tous les soirs. Et dans les bars aussi, quand je passais devant, il y avait de l’animation, ça chantait ! Je ne sais pas comment ils étaient quand ils repartaient le matin, mais bon.

Je m’en souviens car à cette époque-là on habitait rue Malakoff et il y avait beaucoup de bars entre la rue Malakoff et la place Malakoff. Les sardiniers venaient prendre leur apéritif et casser la croûte. Ils arrivaient de pêche vers 4/5 heure et quand ils repartaient il devait être 1 heure du matin. Il y avait de l’animation aussi bien de nuit qu’en plein jour ! Les gens qui déchargeaient les bateaux commençaient à minuit et finissaient à 8h. Et à 4h du matin, ils prenaient leur casse-croûte dans les cafés : du jambon, du beurre, du boudin, ça dépendait. On les entendait dans la rue quand ils partaient. Entre la rue Malakoff et la place Malakoff, il devait y avoir 8 bars et il y en avait encore 3 dans la rue qui monte pour aller au Lycée Saint-Joseph. Ça marchait bien ! On ne trouvait pas l’alcool en vente libre comme dans les supermarchés, maintenant. Il fallait aller dans les épiceries mais elles fermaient à 7 h. Alors les gens allaient dans les bars. Ma grand-mère tenait un café rue Malakoff, on disait rue Moreau avant. Et de mai à octobre, elle faisait son beurre. Il n’y avait pas d’heure pour ouvrir ni pour fermer, surtout pour fermer. Parce qu’une fois qu’ils étaient partis …Certains tombaient même parfois entre le bateau et le quai, le matin !

On adorait quand nos parents nous racontaient toutes ces histoires. On croyait que c’était des histoires qu’ils nous racontaient pour nous faire passer le temps et on les écoutait bouche bée ! Au fur et à mesure, on s’est rendu compte, en entendant les gens parler, que c’était la réalité.

A cette époque-là, on n’avait pas le droit de se baigner, il ne fallait pas se mettre en maillot, les parents ne l’auraient pas toléré. J’ai commencé à me baigner, je crois, avec mon frère ainé qui m’a emmenée à la plage quand j’avais 14/15 ans. Il me semble que c’était du côté de Trévignon. J’ai un frère qui a 14 ans de plus que moi.

J’ai toujours adoré Concarneau. Je faisais de la promo pour la ville quand j’ai habité Nancy, Bordeaux, Tours … j’étais la bretonne … Et puis je suis revenue ! Voyez, j’y suis, j’y reste !

Marie-Claire

Éléphant, Pirate et sirène – Nouvelles collaboratives (1)

16 Mai

Le jeudi 23 mars, pour ce deuxième atelier à la Médiathèque de Fouesnant, Arnaud Le Gouëfflec nous propose de se lancer dans l’écriture d’une nouvelle collaborative.

Les ingrédients de départ sont donnés : la nuit, dans une ville, de la pluie, des rues sombres, un individu à chapeau et imperméable, un immeuble et une ambiance mystérieuse !!!! Une contrainte : pas d’ellipse …

Viendront ensuite (impérativement) au fil de l’écriture et des passages de feuilles  :

  • une vieille connaissance
  • le mot « éléphant »
  • le mot « pirate » + mettre le personnage dans une situation très compliquée
  • le mot « sirène »

Un individu avec un chapeau se trouve dans une rue sombre. Il porte un imperméable sous la pluie. C’est dans une ville sinistre, il fait nuit.

Il se trouve devant un immeuble avec la porte d’entrée ouverte. L’individu entre.

La personne monte les étages et voit une pièce sombre, dans une ambiance mystérieuse, avec du sang sur les murs, puis la personne regarde dans la salle de bains et voit un cadavre couvert de sang. Il accourt donc en direction de la baignoire et se rend vite compte que la personne est morte. Qu’elle a été rouée de coups de couteau. Ce n’était pas étonnant vu tout le sang dans la pièce. L’individu croit reconnaître une vieille connaissance à lui, mais de ses années collège, donc cela lui laisse paraître des souvenirs assez flous. Par la fenêtre, il voit des gyrophares bleus, une sirène retentit, la personne commence à paniquer.

Pourquoi se trouve-t-il là ? Qui lui veut du mal ? En panique, il décide de prendre le petit escalier et de monter sur le toit de l’immeuble. Des souvenirs lui reviennent alors de ses années collège. Il se souvient aussi avoir fait un exposé sur les éléphants avec l’individu assassiné. Luis ! Il se rappelle de son nom. C’était le fils d’un médecin de son village. C’était toujours le premier de la classe et le plus nul en sport.

Qu’avait-il fait pour finir ainsi ? Il l’avait perdu de vue depuis de nombreuses années. Dans quoi s’était-il encore fourré ? Sa mère lui disait qu’il avait toujours le chic pour s’attirer des ennuis, pour être là quand il ne fallait pas…

Toujours en désaccord avec elle, il se dit que cette fois, elle avait bel et bien raison…

Cette mort si peu naturelle était sans doute l’œuvre d’un malfrat… Le bras de Louis portait une marque qu’il ne pouvait ignorer à même la peau, la scarification apparaissait : la tête de mort, les os… Il frissonna en se souvenant du dernier compte-rendu de police qu’il avait lu : un gang sévissait dans la capitale, se faisant appeler « les pirates ». Quand vous les croisiez, c’était la fin pour vous, une mort assurée, dans la douleur la plus indescriptible, vous attendait.

Après avoir pris quelques clichés de la scène, il décide de s’enfuir de cette pièce macabre pour éviter de se faire embarquer par la police. Mais en s’enfuyant, il ne peut s’empêcher de voir sur la table du salon une multitude de dessins de sirènes et de photos particulièrement mystérieuses. Pour ne pas se faire prendre, il en ramasse quelques une en vitesse et sort par la fenêtre de derrière. Il se retrouve dans la rue sombre, en pleine nuit, dans cette ville immense. Il se sent désorienté, ne sachant trop où aller… Et là, une voiture arrive à sa hauteur, silencieuse, la porte s’ouvre, quelqu’un l’agrippe, par son imperméable, et le tire dans la voiture et là, quelle surprise ! Maman est là, elle lui sourit, et lui tape sur l’épaule : « Je suis là mon chéri ! »

AUTOPORTRAIT-HA‑‑ÏKU

15 Mai

Dans les ateliers précédents, les participants ont travaillé sur des textes relativement longs : le portrait chinois, le poème-inventaire, le métier imaginaire…

Pour la quatrième séance, nous nous sommes concentrés sur une forme extrêmement brève : le haïku.

Né au Japon (il se pratique là-bas depuis au moins 400 ans !), le haïku est connu en France depuis un siècle. Il se présente généralement en trois vers (à l’origine de 5-7-5 syllabes), sans rime. Il part de situations concrètes, vécues dans le quotidien, mais un quotidien traversé par les frissons du mystère. Écrire des autoportraits-haïkus, c’est un peu comme faire un croquis de soi en quelques coups de pinceau. Une émotion fulgurante, captée dans l’éphémère de l’instant. C’est souvent ainsi, en allant à l’essentiel sans se perdre dans les détails, qu’on s’approche au plus près de son propre secret…

Thierry Cazals

Sur la dune

Je regarde fixement

La mer déchaînée

 

*

La rose joyeuse

*

Allongée dans le hamac

Mon visage s’illumine

Jusqu’à la mort

 

/

 

Mes mains chaudes

Sur cette armoire froide

Je me sens perdue

*

La fleur bleue a une écharpe

*

Au loin les vagues

S’agitent de plus en plus

Je reste les pieds sur terre

 

/

 

Coucher de soleil

Assise sur le sable fin

Au loin des bateaux flottent

*

Joyeulutte

*

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